top of page

Écrire dans le sable

il y a 4 jours
2 min de lecture

Il y a une page qui ne garde rien, et c'est peut-être la plus honnête : le sable.

Quand j'ai commencé à écrire dans le sable, ou à imaginer le faire, j'ai remarqué que ma main hésitait moins. Le vent allait passer, la marée ou la nuit effaceraient la phrase. Alors je pouvais enfin écrire sans me demander ce qu'en penserait un lecteur, un éditeur, ou cette voix intérieure qui corrige avant même que le mot naisse.

Nous écrivons presque toujours pour être gardés. Pour laisser une trace, prouver quelque chose, être compris. Le sable propose autre chose : écrire pour déposer. Vous tracez trois mots, vous les regardez, et vous les laissez partir. Ce qui était lourd dans la tête devient léger dans le geste.

Le désert enseigne la même chose, d'une autre manière. Il est vaste, il est silencieux, et il ne répond à aucune de nos questions pressées. On croit d'abord qu'il est vide. Puis l'oreille s'habitue, le regard s'allonge, et l'on découvre que ce vide est un espace : celui où une pensée peut enfin se poser sans être bousculée par dix autres.

Les lieux sont des miroirs. Une médina où l'on se perd, une dune qui change de forme à chaque heure, un horizon sans rien d'autre qu'un horizon. Chacun nous renvoie une part de nous que le quotidien couvre de bruit. Je crois que c'est pour cela que tant de traditions ont envoyé leurs chercheurs vers le désert : non pour fuir le monde, mais pour entendre ce qui reste quand le monde se tait.

En psychologue, je sais combien il est difficile de dire certaines choses. En écrivaine, je sais combien il est difficile de les écrire. Entre les deux, il existe un chemin : le souffle d'abord, qui ouvre la place, puis la main, qui dépose. C'est ce chemin que nous avons voulu offrir, Sirius Étoile et moi, avec « Le Souffle et l'Encre ». Respirer autrement, puis écrire sans juger. Pas pour produire un beau texte. Pour revenir à soi.

Vous n'avez pas besoin d'un désert pour essayer. Prenez un bol de sable, de sel ou de farine, ou simplement le dos d'un cahier. Écrivez une phrase que vous n'avez jamais dite. Lisez-la lentement. Puis effacez-la, ou gardez-la, selon ce que votre cœur choisit.

Que laisseriez-vous dans le sable ce soir, si personne ne devait jamais le lire ?

Si cette question vous parle, vous pouvez m'écrire. Et si vous souhaitez découvrir « Le Souffle et l'Encre », je vous en parlerai avec joie. Une première retraite est déjà complète. Nous la proposerons à nouveau l'an prochain, et l'une des prochaines aura lieu en France. Les dates seront annoncées prochainement.

Commentaires


bottom of page