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Le féminin et le masculin en nous

il y a 3 jours
3 min de lecture

Il y a, en chacun de nous, deux voix que l'on entend rarement ensemble.

L'une est tendre. Elle reçoit, elle écoute, elle accueille ce qui vient sans se hâter. Elle sait attendre au bord d'une émotion, comme on attend près d'une porte qu'elle s'ouvre d'elle-même. L'autre protège. Elle agit, elle tranche, elle trace une limite, elle avance quand il faut avancer. Elle est la main qui tient la lanterne dans le couloir sombre.

Je ne parle pas ici des femmes et des hommes. Je parle de deux voix intérieures que chacune et chacun porte, quel que soit son parcours. Deux manières d'être au monde qui, lorsqu'elles se parlent, nous rendent entiers.

Mais nos histoires ne leur ont pas toujours donné la même place. Selon ce que nous avons traversé, selon ce qui était permis ou attendu autour de nous, l'une des deux a parfois pris toute la place. On devient alors très efficace, très solide, très occupé, et la part qui reçoit se fait toute petite. Ou bien l'on devient très accueillant, très attentif aux autres, et la part qui protège n'ose plus dire non. L'une parle fort. L'autre se cache, parfois depuis si longtemps qu'on a oublié qu'elle était là.

Je le remarque souvent, en tant que psychologue, dans la manière dont nous nous parlons à nous-mêmes. Il y a celle ou celui qui se presse, qui se reproche, qui exige. Et il y a ce murmure, plus bas, qui voudrait seulement qu'on s'arrête un instant et qu'on respire. Quand on n'entend que la première, on s'épuise. Quand on n'entend que la seconde, on peut se sentir sans défense. C'est dans le dialogue que se trouve la justesse.

Réconcilier ces deux voix ne demande ni grande théorie ni grand courage d'un seul coup. Cela commence par une écoute. Remarquer laquelle prend la parole en premier devant une difficulté. Remarquer laquelle se tait. Lui laisser, sans la forcer, un peu d'espace. La part tendre a besoin de lenteur. La part qui protège a besoin d'être reconnue pour ce qu'elle a fait de bon : elle nous a longtemps gardés.

Je crois que cet équilibre se joue d'abord à l'intérieur, bien avant que nous parlions de couple ou de liens avec les autres. Ce que nous ne nous offrons pas à nous-mêmes, nous le cherchons souvent chez quelqu'un d'autre, ou nous l'attendons de lui. Retrouver un équilibre plus juste en soi, c'est déjà alléger tout ce que nous demandons à nos relations. Je ne promets rien d'automatique ici. Je dis seulement que la porte existe, et qu'elle s'ouvre doucement.

Alors, avant de refermer cette page, je vous laisse avec une question, à porter quelques jours sans chercher à y répondre trop vite : laquelle de ces deux voix est la plus silencieuse en vous ?

Ce thème sera au cœur de notre prochain rendez-vous d'« À l'ombre du Jardin des Grenadiers », le 9 novembre 2026 à 21 h. C'est un parcours à l'année : un rendez-vous mensuel de 2 h, en visio, avec un thème différent chaque mois. Celui-ci est consacré au féminin et au masculin intérieurs. Rejoindre le groupe, c'est donc s'engager pour l'année entière, et je vous invite à le faire en conscience, parce que c'est dans la durée que le chemin se fait. Le groupe est encore ouvert, et vous pouvez le rejoindre.

Si cela résonne en vous, vous êtes les bienvenus. Pour vous inscrire ou simplement vous renseigner, écrivez-moi à lesgrenadiers2025@outlook.com, ou sur Messenger ou WhatsApp. Je vous répondrai avec plaisir.

 
 
 

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